• Bien-être numérique

Trouver l’équilibre dans un monde à l’envers

Mis à jour : juin 16

Florane Lacroix, 17 ans


Dans l'avant-confinement, je suis étudiante à temps plein, j'ai deux emplois, je bouge, je mange au resto et je suis une amie présente. Dans l'avant-confinement, je suis une fille occupée. Je jongle avec les contraintes et les rendez-vous. Il m'arrive même de bourrer mes semaines jusqu'à ce qu'elles aient la nausée, mais je suis bien : aucun vide ne me guette.


Dans le confinement, je me réveille tard, je regarde la télévision, j’appelle des amis pour parler de tout et de rien, je navigue constamment entre mes différents réseaux sociaux, je vais prendre des marches qui ne mènent nulle part. Juste pour marcher. Juste parce que. Les journées sont longues et se ressemblent. Et si ni école ni boulot ne les gouvernent, mon cerveau me montre une grosse pancarte jaune où l'on peut lire « PRODUCTIVITÉ ».


Car sur l'écran, il y a ceux qui s’entraînent chaque matin, ceux qui apprennent une nouvelle langue, ou encore, ceux qui s’improvisent boulanger.


Car sur l'écran, mon corps habillé en « mou » ne trouve pas de semblable. L'écran est une grande pancarte jaune où l'on peut lire « tu es poche ».


C'est un monde à l'envers dans lequel je dois présentement apprendre à être. C'est un monde malade dans lequel je dois exister autrement. C'est un monde fragile dans lequel plusieurs s'attardent à devenir parfaits. C'est un monde en pause dans lequel je réponds à l'appel du répit.


S'il est vrai, comme les réseaux sociaux semblent le faire paraître, que certaines personnes ont besoin d’avoir des centaines de projets pour être heureuses, qu’elles y plongent. Toutefois, il serait faux de penser que c'est le cas de tous.


Ralentir, respirer et faire face à l’ennui, c’est correct aussi. Ce n'est pas inadéquat pour autant. Un confinement réussi est celui qui ne rend pas malade. Il n'y a pas de bon ou de mauvais confinement.


Je n'ai pas envie de m’infliger des cours de mandarin en ligne, de trier par couleur tous les vêtements que je possède, de peindre des natures mortes ou de me développer des abdominaux d’acier.


Ce n'est pas ça qui m'appelle. Je préfère m'approprier la période ô combien particulière que l'on vit avec ma routine sans artifice. Je préfère apprivoiser le vide qui finalement, quand on le regarde dans les yeux, n'est pas si terrifiant.


Et je suis fière de le faire puisque c'est bienveillant.


Un jour, mes semaines auront le ventre pas mal plus plein, c'est certain, mais elles ne seront pas nourries de pain concocté pour impressionner quiconque sur Instagram. Elles ne seront que pour mon bien être personnel, que pour moi.

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